Souvenez-vous. Le 23 août

Actualité

22 août 2026


Instituée par le Parlement européen en 2009, la Journée européenne de commémoration des victimes de tous les régimes totalitaires et autoritaires est célébrée le 23 août. À cette occasion, le Réseau européen Mémoire et Solidarité (ENRS) lance la treizième édition de sa campagne « Remember. 23 août », une initiative de sensibilisation du public qui explore les crimes du nazisme et du communisme, ainsi que leur importance durable pour les Européens d’aujourd’hui.

Cette date commémore le pacte Molotov-Ribbentrop, signé le 23 août 1939. Sur le papier, il s’agissait d’un traité de non-agression; dans les faits, son protocole secret a divisé l’Europe centrale et orientale entre l’Allemagne nazie et l’Union soviétique, ouvrant la voie à la Seconde Guerre mondiale. Ce qui s’ensuivit — camps de concentration, goulags soviétiques, Holocauste, décennies d’oppression — façonne encore aujourd’hui la région et continue de résonner à travers les histoires familiales.

Cette année est consacrée au Dr Stefania Perzanowska, une médecin qui, en janvier 1943, a mis en place un hôpital au sein du camp de concentration allemand de Majdanek, sauvant ainsi la vie de ses codétenus alors qu’elle ne disposait pratiquement ni de matériel médical ni de médicaments. À l’époque, elle ignorait que son mari, le docteur Zygmunt Perzanowski, lui aussi médecin, était déjà mort depuis près de trois ans, assassiné en captivité soviétique parmi les victimes du massacre de Katyn.

« L’histoire de Stefania et Zygmunt Perzanowski révèle un aspect souvent négligé dans les récits de la Seconde Guerre mondiale : que l’Allemagne nazie et l’Union soviétique, malgré leurs méthodes de terreur différentes, ont dévasté les mêmes familles — parfois simultanément, depuis des directions opposées. Sans comprendre ce qui s’est passé le 23 août 1939, et tout ce qui en a découlé, il est difficile de saisir non seulement l’histoire du XXe siècle, mais aussi pourquoi tant de ces récits sont restés méconnus pendant des décennies. À une époque marquée par la désinformation et par des tentatives croissantes visant à brouiller les responsabilités de ces crimes, se souvenir de vies comme les leurs n’est plus seulement un devoir envers le passé. « Dans l’ombre de la guerre en Ukraine, cela fait désormais partie de la manière dont les sociétés développent leur résilience face à la déformation de l’histoire », explique Rafał Rogulski, directeur de l’ENRS.

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