Newsletter septembre 2014

Sujet:Newsletter de l'Association et Maison Jean Monnet septembre 2014
Date d'envoi:2014-09-09 09:24:17
Publication N°:39
Contenu:
 
 
 Citation de Jean Monnet
   

La contribution qu’une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques.


Lettre de Jean Monnet à Georges Bidault, Président du Conseil, 28 avril 1948
 

La parole à un administrateur

L’élection de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne : une victoire de la démocratie au sein de l’Union européenne ?


Alors qu’il existe des résistances chez les citoyens au fait de se reconnaître dans une nouvelle communauté qui serait européenne, durant la campagne pour les élections européennes, les institutions ont essayé de convaincre les citoyens des bienfaits de l’UE, dans leur vie quotidienne, notamment en leur permettant de mieux connaître les droits inhérents à la citoyenneté de l’Union.

 

De leur côté, les grands groupes politiques européens se sont choisis des candidats pour le futur poste de président de la Commission. Il s’agissait là d’une tentative de politisation de l’institution. En cherchant à donner au vote européen un sens particulier qui lui faisait cruellement défaut, cette tentative avait un double but : d’une part lutter contre l’abstention aux élections européennes et, surtout, contre la vague eurosceptique annoncée dans les médias, notamment de l’extrême-droite, en France, aux Pays-Bas ou en Grèce, et d’autre part, de favoriser pour les citoyens, une identification commune à l’Union.

 

C’est ainsi que les socialistes européens (S&D) ont été les premiers à désigner leur candidat, en la personne de l’Allemand Martin Schulz. Les Verts européens choisirent même d’organiser une primaire ouverte via Internet, remportée conjointement par l’Allemande Ska Keller et le Français José Bové. Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, le Grec Alexis Tsipras et le Belge Guy Verhofstadt furent respectivement nommés candidats du Parti populaire européen (PPE), du Parti de la gauche européenne (PGE) et de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE). En l’absence d’un groupe politique au niveau européen susceptible de réunir les partis d’extrême droite présents au niveau national, il n’y eu pas de candidat commun à ces formations.

 

A la suite de ces nominations, les différentes formations politiques se sont empressées d’affirmer dans les médias que l’un de ces cinq ou six candidats serait le futur président de la Commission, et de nombreux médias les présentèrent comme tels. Des débats publics furent organisés, certains retransmis en Eurovision, bien que peu relayés par les télévisions nationales.

 

Les derniers bureaux de votes à peine fermés, dans la soirée du 25 mai, Jean-Claude Juncker proclamait sa victoire. Le PPE semblait être en tête, avec une courte avance sur les sociaux-démocrates. Mais pour les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres, ce résultat était loin d’être aussi évident. Rien ne permettait donc d’affirmer avec certitude que la dynamique espérée à l’issue du scrutin serait finalement au rendez-vous. « Tenir compte des élections au Parlement européen » tels sont les termes du traité de Lisbonne. Cette formulation plutôt floue laissait dès lors la porte ouverte aux résistances des Etats qui n’auraient pas l’intention de se laisser dicter par le Parlement européen, le choix de leur candidat à la présidence de la Commission.

Car, si la volonté des partis européens devait être respectée, en cas de victoire du groupe S&D, la chancelière allemande Angela Merkel aurait ainsi été contrainte de désigner Martin Schulz, issu du parti social-démocrate allemand (SPD) et non de son propre camp (CDU-CSU). En cas de victoire du PPE, c’est le président socialiste français qui aurait été amené à nommer Jean-Claude Juncker, candidat de la droite. Certains noms alternatifs circulèrent alors, tel Pascal Lamy ou Christine Lagarde. Mais après quelques semaines d’hésitation, Angela Merkel finit par soutenir publiquement Jean-Claude Juncker, alors que Martin Schulz choisissait de briguer un deuxième mandat à la présidence du Parlement européen.

Démarra alors un jeu de négociations diplomatiques entre la chancelière allemande et les Etats qui demeuraient réticents à Jean-Claude Juncker, parfois considéré comme trop fédéraliste, en particulier pour le Royaume-Uni. Le Premier ministre britannique se retrouva vite isolé lorsque le Conseil européen désigna M. Juncker à la majorité qualifiée, avant d’être, le 15 juillet, confirmé par le Parlement européen, comme président de la Commission.

La majorité des eurodéputés nouvellement élus a donc fait le choix de soutenir ce qui semble être une victoire de la démocratie représentative européenne, en la personne du candidat du groupe majoritaire, bien que celui-ci ne disposait pas clairement d’une majorité absolue, et que le candidat S&D aurait théoriquement aussi pu être élu. Pour le Parlement européen, s’agissait-il avant tout de faire barrage aux eurosceptiques ? Pouvait-il faire autrement que de voter en faveur de Jean-Claude Juncker, alors même que sa nomination par le Conseil européen était loin d’être acquise ? De cette question en découle une autre : peut-on alors vraisemblablement parler de victoire de la démocratie représentative européenne, avec un Parlement qui, fidèle à son histoire, aurait réussi à faire bouger les lignes en s’imposant face aux Etats membres, ou peut-on plutôt y voir la confirmation de la suprématie d’un Conseil européen qui veut rester le maître du jeu ?

Pour beaucoup d’observateurs, Angela Merkel est apparue comme le chef de gouvernement qui a finalement porté Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission, en allant braver les opposants, quitte à affaiblir David Cameron, lui-même empêtré dans un contexte national marqué par la surmédiatisation du parti eurosceptique UKIP et la perspective du référendum pour l’indépendance de l’Ecosse. Mais la chancelière pouvait-elle prendre le risque de voir une autre personnalité être élue ? De son côté, Jean-Claude Juncker pourrait-il être ce nouveau Jacques Delors que les Britanniques s’étaient promis de ne plus jamais revoir à la Commission ? D’autant qu’il pourrait aussi être tenté de se prévaloir d’une légitimité populaire, contrairement à ses prédécesseurs. 

En tout état de cause, avec aujourd’hui 140 eurodéputés eurosceptiques, si les groupes majoritaires du Parlement européen et Angela Merkel ne pouvaient se permettre de provoquer un séisme politique en écartant Jean-Claude Juncker, les dernières élections européennes ont surtout mis en évidence les luttes entre les institutions, et au sein des institutions, luttes dont l’objet est pour certains la légitimité, et pour d’autres le leadership dans la construction européenne.

Mathieu Kroon Gutiérrez, doctorant, administrateur de l'Association Jean Monnet

 
 
Du côté de l'actualité

 



DERNIERE MINUTE :
Le 30 août a eu lieu une réunion extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement à l’issue de laquelle deux nouveaux postes clés ont été pourvus:
- Le premier ministre polonais Donald Tusk, sera le nouveau Président du Conseil et succèdera à Herman von Rompuy en novembre ;
- l'actuelle ministre italienne des affaires étrangères, Federica Mogherini, remplacera Catherine Ashton au poste de Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

PROCHAINES ETAPES :
Jean-Claude Juncker doit désormais attribuer les portefeuilles aux 25 autres candidats commis-saires courant septembre. Le Parlement européen devra courant octobre approuver les membres de la Commission.

L'entrée en fonction des nouveaux Commissaires aura lieu le 1er novembre.

 

 

Actualités estivales du Parlement européen et de la Commission européenne :

Le début de l'été a été marqué par la répartition des postes clés au sein du Parlement européen. En tout premier lieu, Martin Schulz a été réélu Président de cette institution grâce à une alliance entre les sociaux-démocrates, le parti de la droite européenne et l'Alliance des libéraux et démocrates européens.

S'en est suivie l'élection de 14 vice-présidents : Gianni Pittella (S&D, IT), Miguel Angel Martínez Martínez (S&D, ES), Anni Podimata (S&D, EL), Alejo Vidal-Quadras (PPE, ES), Georgios Papastamkos (PPE, EL), Roberta Angelilli (PPE, IT), Othmar Karas (PPE, AT), Edward McMillan-Scott (ADLE, UK), Isabelle Durant (Verts/ALE, BE), Alexander Alvaro (ADLE, DE), Rainer Wieland (PPE, DE), Oldrich Vlasák (ECR, CZ), Jacek Protasiewicz (PPE, PL), László Surján (PPE, HU).


Chaque groupe politique a également élu son président. Les députés français n'ont réussi à décrocher aucun des postes de président. En effet, 23 des 24 députés issus du Front national n'ont pas réussi à intégrer ou former de groupe politique et n'ont ainsi pas pu peser dans le jeu des négociations pour l'attribution de ces postes stratégiques.
 

Peu de temps après leur prise de fonction et quelques jours avant la pause estivale, les députés européens ont, en séance plénière, confirmé Jean-Claude Juncker à la tête de laCommission européenne, suivant ainsi le vote des électeurs et le choix du Conseil européen.
 

La présidence du Conseil de l'Union européenne est désormais entre les mains de l'Italie. Cette présidence a commencé le 1er juillet et va durer jusqu'à la fin du mois de décembre. Les deux priorités fixées par le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi sont : la relance de l'économie afin de favoriser l'emploi, et notamment l'emploi des jeunes, ainsi que le renforcement de la coopération en matière d'immigration.

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Informations du Parlement européen

 Evénements de rentrée

Dans le cadre du Festival d'Île-de-France :

A l’initiative du Conseil Régional d'Île-de-France, le traditionnel Festival d'Ile de France propose cette année, une trentaine de concerts dans des lieux du patrimoine francilien, dont la Maison Jean Monnet.
Sa programmation variée, articulée autour d'une thématique forte, présente des musiques classiques, du baroque à la création contemporaine, des musiques du monde et des musiques rock ou électroniques, avec bien souvent des passerelles entre ces répertoires.
Intitulé cette année « Tabous – Musiques et Interdits» le festival vous emmène pour un voyage musical du 6 septembre au 12 octobre 2014 pour 30 concerts dans 25 lieux en Ile-de-France.
 
AU-DESSUS DE LA MELEE (CREATION)

Dimanche 14 septembre, Maison Jean Monnet & Maison Louis Carré, Bazoches-sur-Guyonne (78)
Petit-déjeuner – 10h15, Concert-lecture – 11h, Présentation du lieu à l’issue du concert

Consultez le document de présentation

Informations et réservations :
Festival d’Ile de France 01 58 71 01 01
www.festival-idf.fr

 

 



 Cet événement s’inscrit dans le cadre national officiel des commémorations du Centenaire de la Grande-Guerre



Maison de l'Europe de Paris
35-37, rue des Francs Bourgeois
75004 Paris
01 44 61 85 85
 

Journées du Patrimoine des 20 et 21 septembre


A l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, l’Association Jean Monnet mettra à l’honneur le patrimoine culturel de l’Europe et ira au contact des Franciliens et touristes, à travers des visites libres et guidées (sur réservation au 01.34.86.12.43) de la Maison Jean Monnet, ainsi qu'en animant un stand à la Maison de l’Europe de Paris abritée par l’Hôtel de Coulanges, au cœur du Marais. Venez nombreux !

Maison Jean Monnet
7 chemin du vieux pressoir
78490 Bazoches-sur-Guyonne
01 34 86 12 43

Séminaires professeurs / conseillers / formateurs :

Notre partenariat avec le Conseil régional Île-de-France fait sa rentrée !

Les nouvelles sessions d’information très attendues à destination des équipes pédagogiques des lycées, CFA et Missions locales d’Île-de-France se dérouleront d’octobre à janvier 2015.

Au programme : ateliers de réflexion sur les méthodes pédagogiques d’enseignement des questions européennes, présentation des outils pédagogiques de la Maison Jean Monnet, présentation des programmes de l’association Jean Monnet pour les élèves, apprentis et jeunes en insertion professionnelle, présentation des outils pédagogiques, formation sur le montage de projets mobilité
A noter : Ces sessions d’une journée sont totalement prises en charge par la Région Île-de-France (transport depuis Paris et déjeuner compris)

Informations et réservations :
(réservation par téléphone uniquement)
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
01 34 86 12 43

Dates prévues :
Pour les CFA / Missions locales :
-    Mardi 28 octobre
-    une date à définir début 2015
Pour les lycées :
-    Jeudi 16 octobre
-    Mardi 25 novembre
-    Jeudi 27 novembre
-    Mardi 9 décembre
-    Jeudi 11 décembre

 

Cet été à la Maison Jean Monnet
   

Valérie Pécresse, députée des Yvelines et Vice-Présidente de la Région Ile-de-France, a souhaité visiter la Maison Jean Monnet, afin de renouer avec l’histoire de la construction européenne. 

Ce jour-là, un groupe de 8 jeunes candidats au programme « Passeport citoyen » était également présent, participant à des ateliers sur leurs droits en tant que citoyens européens et notamment sur la mobilité européenne.

L’Association Jean Monnet est partenaire de cet excellent programme initié par la mairie des Mureaux (78). Il s’agit d’offrir des clés de réflexion aux jeunes peu sensibilisés à la question de la citoyenneté. La rendre accessible et concrète telle est l’ambition de « Passeport citoyen » qui s’inscrit donc parfaitement au sein de nos objectifs et méthodes d’éducation non formelle. Valérie Pécresse l’a bien compris en venant saluer le groupe de jeunes en plein travail sur les possibilités offertes par le programme Erasmus+.